18e ÉDITION DU FMA DU 27 OCT AU 12 NOV 2017

S’inspirant des vécus, des paroles et des musiques de jeunes du monde arabe, mais aussi d’une actualité brûlante, cette création inédite du FMA tente de jeter des passerelles entre des espaces et des discours cloisonnés pour rétablir un dialogue originel et original.

Après avoir sorti son album Beauty and the East lui valant une tournée internationale avec Deep Purple, l’incontournable groupe libanais The Kordz exprime dans Charabia le paradoxe inextricable dans laquelle vit une jeunesse qui oscille entre les réminiscences d’une guerre atroce et l’immense espoir de reconstruction. Des rafales de notes et d’accords électrisants mêlant rock alternatif et sonorités orientales croisent l’univers soufi de l’illustre chanteur libanais Abdel Karim Shaar et les acclamations débridées du rappeur 4Say.

Katia Makdissi-Warren, directrice artistique de l’ensemble montréalais OktoEcho, reçoit les envolées urbaines de ces artistes invités comme des défis ou des appels au duel qu’elle relève avec la fougue d’un apprenti passionné. Elle explore, examine, prolonge, complexifie, interrompt pour tenter inlassablement d’édifier des énoncés musicaux à la fois riches et légers, épais et joyeux. Sur cette voie de l’aventure et du défi s’engage aussi la chorégraphe française Kadia Faraux pour chercher le fugitif et l’inexprimé de ces intimités clamées avec tant d’ardeur ou de sarcasme. Inspirée des thèmes abordés par Molière dans son oeuvre Tartuffe, elle examine les mécanismes du langage et de ses interactions dans une chorégraphie contemporaine aux subtils effluves orientaux.
Devant ce spectacle qui marie sagesse et folie, Kevork Mourad ne reste pas indifférent. Le peintre et illustrateur d’origine arménienne, dont la créativité est reconnue aussi bien au Brooklyn Museum of Art de New York que dans de nombreux musées du Moyen-Orient et du Japon, habille sonorités et mouvements de ses peintures spontanées à l’encre, combinant calligraphie et art abstrait. Enfin, Hassan Aziz, directeur artistique de DearMinds, s’infiltre et insère clandestinement la bande audiovisuelle de ses dérapages Charabia pour bien encercler… le chaos!

Le FMA clôture sa 12e édition avec un « banquet » pluridisciplinaire où le dialogue se fait en musiques, danses, mots et illustrations visuelles entrelaçant des univers sonores a priori inconciliables, déconstruisant « notre » tour de Babel. Des sons neufs comme la vie, des rythmes et des musiques libres de la pesanteur des vieux récits émergent de ces lieux de nulle part et bourgeonnent de printemps imaginaires… Charabia, le chaos n’est créateur que sur scène!

 

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