18e ÉDITION DU FMA DU 27 OCT AU 12 NOV 2017

Une création du FMA 2005 en ouverture de sa 6e édition

Autour du thème de la sixième édition du Festival du Monde Arabe de Montréal, Harem, le chorégraphe Benjamin Hatcher pense et travaille le vocabulaire de la danse orientale. Comment ce créateur d’ici, familier des Douato, Paige, Balanchine et Perreault s’appropriera-t-il le baladi? Le chorégraphe décrit ainsi son aventure : “Si la danse orientale existe toujours, c’est grâce au courage et à la détermination des femmes. Cette danse affirme leur noblesse, leur pouvoir, leur savoir-faire. Elle provient d’une nécessité, peut-être d’un instinct social de survie… Je partage l’avis que cette danse doit évoluer dans le milieu artistique et non seulement dans les restaurants ou les cabarets. Son vocabulaire riche et raffiné ouvre les portes à l’innovation, à la découverte des liens qu’elle peut avoir avec la danse dite contemporaine et des intimités qui les rapprochent“.

Ce magnifique travail, mettant en exergue une danse orientale et une chorégraphie occidentale, veut transcender la querelle des images soutenue par la pensée réductrice et extrémiste des deux rives. Cette nouvelle vision chorégraphique est une “exégèse” du langage arabe du corps oriental, féminin et masculin. Elle démystifie ses tabous et sa « sensualité » et le hisse au dessus de l’idée, largement répandue, qu’il est seulement source de plaisir ou de soumission. À travers le spectacle, on découvre que la danse orientale, enracinée dans la culture de l’Orient, et grâce à elle les peuples de la région exorcisent leur douleur et célèbrent la naissance et la vie, est aussi présente dans les corps et les mémoires des Occidentaux.

Dans Harem, Lever les voiles, les danseurs se métamorphosent en bougies sacrées et en poésie sublime pour s’unir à une musique remplie de grâce. La création semble épouser l’aphorisme Goethéen, à valeur universelle :“Qui connaît soi-même et connaît les autres saura reconnaître également ceci : L’Orient et l’Occident sont indissolublement liés “.Ce spectacle, ouvre une fenêtre sur le Beau, s’élevant ainsi sur les vicissitudes de notre monde.

 

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