18e ÉDITION DU FMA DU 27 OCT AU 12 NOV 2017

ARABITUDES

Thème du 11ème Festival du Monde Arabe

S’habiller de ce qui répugne, de ce qui se démarque, devenir cet « autre » qui dérange, qui agace et qui symbolise la différence odieuse… voici ce que le 11e FMA appelle arabitude. L’arabitude est la résistance au terrorisme de l’écran et de son industrie, à cette horreur qui s’insinue à coups d’images dans un quotidien de fatigue et de résignation. L’arabitude est la lutte contre le foisonnement des communications pour compenser la pénurie de vrai dialogue entre les êtres. L’arabitude est une diatribe qui dénonce la distorsion du réel et le syndrome du « téléphone arabe » caractérisant, de nos jours, les rapports entre peuples et individus.

L’arabitude, c’est toute femme arabe qui se dévoile pour démasquer une morale puritaine, mensongère et grégaire. C’est aussi toute femme occidentale qui se voile pour dénier une pseudo-civilité hypocrite, haineuse et non moins grégaire. L’arabitude, ce sont des lignes rebelles qui se dégagent autant des arabesques d’une tradition obsolète que des toiles d’araignée d’une survivante et aveugle modernité. L’arabitude du FMA n’est pas seulement contre. Elle est aussi et surtout pour! Elle est pour un Occident qui appartient aux Arabes autant que le monde arabe appartient aux Occidentaux. Pour une musique qui s’aventure dans les nuances et les subtilités de l’opéra avec l’enthousiasme des paroliers du Mont-Liban. Pour une chorégraphie contemporaine qui rend hommage à la danse orientale. Pour une musique soufie composée par des Américains convertis à un islam humaniste, ouvert et créatif. Pour une créativité qui sait s’appuyer aussi bien sur le passé que sur le futur pour combattre un présent moyenâgeux et répétitif.

Que les idéaux finissent par se fondre dans les flux de l’actualité et du réel, cela importe peu. Dire que « le monde ne sera jamais autrement », c’est professer une morale pour agonisants. À défaut de pouvoir changer le spectacle univoque du monde, inventons des mots plus ambigus, des fictions moins grossières, des « raisons » moins artificielles, des jugements plus réfléchis, des idées moins confortables, des folies plus raisonnables, des spectacles plus vivants !

Arabitudes, thème de la 11e édition du FMA, voudrait soustraire notre vécu à la médiocre fiction-réalité qu’on nous impose, pour faire du spectacle ou du débat, un rare et intense moment de vie.

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